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lundi 9 juin 2008

=> Obéis, soit simple, soit sobre ! (R)engagez-vous...

De : http://www.decroissance.info/

« De l’appel au citoyen dans l’administration du désastre. De la décroissance à l’Ecologie d’Etat en passant par la consomm’action.

Les critiques de la croissance économique pleuvent ces jours-ci. Et c’est encore en vain.

Je trie, tu tries, il trie, nous recyclons...

Parce qu’héritier direct de l’altermondialisme, de sa dénonciation simpliste de la « malbouffe », de ses méthodes citoyennistes de « désobéissance civile » sur terrain de luttes délimité et légitimé par l’Etat, de son utilisation à gogo des médias par la création d’happenings de sacrifiés à la patrie juridico-étatique reconnaissante (Moi lumière de l’antipub de toute la terre !, je me sacrifie de manière édifiante en assumant pleinement mes actes de citoyens et par là je te montre ma bonne foi à vouloir continuer à ramper devant toi), le mouvement de dénonciation de la croissance en connaît les travers comme toutes les compromissions actuelles et à venir.

J’aime mon quartier et mon toutou, je ramasse !

Partout le citoyennisme des petits gestes à notre portée de main pour « sauver la planète » (oui, toi aussi tu peux le faire !) est la forme aboutie de la gestion de l’Etat déployée jusqu’aux plus petits de ses rouages que nous sommes : les citoyens. Loin d’être une « alternative », ce mode de mobilisation du citoyen est commun aux tenants de l’ordre techno-économique comme à ceux qui penseraient pouvoir s’y opposer. Des pages « astuces », « L’action du mois » « simplicité volontaire » ou « consommer responsable » de Marie Claire, Elle, 60 millions de consommateurs à L’Âge de Faire, L’Ecologiste, Consommer demain ou La Décroissance, le bruit de fond médiatique nous pousse à nous mettre à genoux devant notre responsabilisation individuelle comme devant l’illusion de notre responsabilisation collective qui dans le dernier sursaut dû à sa propre agonie, ne ferait pas autre chose qu’administrer le désastre en sur-organisant toujours plus loin sa production infinie.

Je vote, tu votes, il vote, nous te plumerons...

Ces dernières années, l’appel au citoyen s’épanouit et continuera à (re)mobiliser la société marchande toute entière autour de la gestion de la catastrophe écologique annoncée en usant de ce qui fait le mieux sa réussite et sa domination. La Méga-machine a trouvé dans cette nouvelle thématique un moyen d’asseoir plus encore son contrôle tellement nous nous trouvons tous dans son intérieur le plus intime. Elle entend désormais nous contrôler par le chantage à sa propre survie à laquelle la notre est également attachée : c’est alors le cocktail usé jusqu’à la corde, d’hyperresponsabilisation individuelle (ainsi d’une rubrique « La saloperie que nous n’achèterons pas ce mois-ci » dans un journal), de culpabilisation autoritaire (tes déchets, tu trieras !) et d’infantilisation à l’extrême (tes enfants tu n’iras pas chercher à l’école en cas de catastrophe et sur un mode d’intimidation sous les traits du comique, « au journal La décroissance tu t’abonneras sinon la planète moura »).

Un shoot de « décroissance » et ça repart !


Comme dans le discours des collectivités territoriales, partout les prétextes de la citoyennisation du monde et des esprits, sont la crise, la catastrophe, la déplétion du pétrole annoncée, qui se doivent être suffisamment pédagogiques pour éduquer nos jeunes têtes de la « décroissance shootenable », aux bons gestes comme aux saines et vertueuses idées. La catastrophe et l’administration du désastre qui se préparent, permettent ainsi d’obtenir l’identification des rouages de la société techno-économique que nous sommes, à la totalité sociale menacée de prendre l’eau de toute part, et dont le sort dépendrait de la bonne volonté de chacun. L’écologie citoyenne est à la survie de la société économique, ce qu’a été pendant la Bataille d’Angleterre la « défense passive » à la survie de l’Empire britannique. Il n’y a pas d’autre chose dans la « politique des sacrifices » de la « décroissance shootenable », dans l’appel à se serrer la ceinture avec la sobriété et la frugalité citoyenne, l’appel à se comporter « de manière responsable » avec la simplicité volontaire et le slowfood. Le message est à l’identification avec la gestion de la dépossession et à s’y intégrer plus encore. C’est l’amour pour Maman la totalité sociale que l’on veut décupler pour venir réfléchir à son chevet comment la sauver. Oui, nous sommes tous dans cette même barque à moitié coulée. Si Maman est aveugle et sourde à son désastre, alors le bon et brave citoyen décroissant devra s’évertuer à faire la danse du ventre devant l’autel de la religion commune pour qu’elle en prenne plus rapidement conscience (viiite ou la planète va mourir !). Et le fils prodigue de la totalité sociale nous fait déjà son soliloque. Mais si Bébé-citoyen peut bien casser son biberon, ce n’est pas une révolution.

A la maison départementale de la démocratie, tu te rendras et tu nous écouteras...

C’est ainsi que chaque citoyen est mobilisé pour aujourd’hui bien sûr (de l’eau, tu ne gaspilleras pas ! sinon tu te dessècheras), mais avant tout pour les générations futures, à commencer par le souci de ses propres enfants (le téléphone portable pour ton bambin, tu éviteras, toi tu continueras ! Les matières grasses tu lui éviteras !). Comme ces dizaines de bénévoles qui se précipitent pour ramasser à mains nues des galettes de fioul sur les plages après une marée noire, à côté des bidasses mobilisés d’office, le citoyennisme de la consomm’action responsable fait partie de la remobilisation marchande à l’avant-garde de la mutation mondiale de l’éco-capitalisme (la « malbouffe » tu n’achèteras pas, les produits locaux et « bio » tu consommeras, le petit commerce tu chériras... plus heureux tu seras !). La « consommation engagée » est donc mobilisée sur le nouveau front de l’éducation du consommateur pour qu’il ne continue plus à menacer l’intégrité de la totalité sociale. Les publicitaires apprennent à vendre, les consomm’acteurs apprennent à consommer. La boucle encore imparfaite (Maman était encore une jeune fille) est bouclée. La société économique est totale.

Je décrois, tu décrois, il décroît, et toujours pour tes « vrais besoins » tu consommeras.

Il n’y a pas au fond de différences entre la propagande des collectivités publiques poussant le citoyen à se comporter en citoyen aux vertus responsables (trier ses déchets, coller sur sa boite aux lettres un autocollant départemental « Stop pub », limiter sa consommation d’eau ou de médicaments, accepter le changement d’horaire pour économiser l’énergie, etc.) et les pratiques des « alternatifs ». Le troupeau des citoyens est partout le régiment d’agents inconditionnels sur lequel on pourra compter et prélever à merci, sachant que dans l’amour pour la Cité techno-marchande qui nous nourrit et que nous faisons vivre, cette dernière est pour nous tous, notre Maman. Entre Maman et son bébé-citoyen s’est finalement établi un système autarcique où la production satisfait automatiquement la consommation. La machinerie technologique nourricière et la population vivent et dépendent tellement l’une de l’autre, que celle-ci ne souhaite nullement rompre la perfusion économique et ne s’en sent d’ailleurs pas capable. Qu’il est dur pour Bébé-citoyen de s’arracher au sein maternel qui nourrit le terrain de sa contestation.

Comptez sur nous, nous comptons sur vous...

Car les citoyens, cette invention de l’Etat techno-économique taillée dans les restes du monde que nous ne formons plus pour constituer une humanité neuve organiquement acquise à sa cause, sont ceux qui au sein de la perte générale du lien social dans une société partout englobante, persistent envers et contre tout à proclamer leur participation abstraite à une société simulée qui n’existe plus que dans le miroir de son perpétuel Spectacle. Les citoyens ils l’aiment la société du Spectacle de la relation sociale. Car le citoyen c’est la matière première du Tout social sur laquelle il frappe de son marteau sur son enclume industrielle. L’Etat et ses citoyens sont l’avers et le revers d’une même monnaie : notre mode de vie totalisant dans l’invention de l’économie, l’ensemble des dimensions de ce que nous sommes et qui voulaient vivre de manière autonome.

Qu’est ce qui est léger, gratuit, qu’on vous livre à domicile et qui peut décider du destin d’une nation (tataaan !) ? Inscrivez-vous sur les listes électorales...
L’amour de l’Etat pour ses citoyens est alors sans limites, il les adore et les mange de ses baisers. Et « l’éducation à la citoyenneté » à l’école est d’ailleurs là pour faire en sorte que cela soit réciproque. L’idéologie du citoyennisme au travers de ce que nous transmet la totalité sociale qui nous a engendré, fait donc partie des mythes et des illusions qui la rendent vivable. Maman compte bien rentrer dans ses fonds, et à l’heure de son désastre écologique imminent, elle y met l’instinct et l’obstination invincibles d’une Mère poule qui couverait ses derniers oeufs : investir dans « l’éducation au développement durable » de ses futurs citoyens, c’est du rentable ! Quand tout le monde aura compris (salauds de pauvres qui vont encore au hard discount du coin !), bientôt des millions de terrifiantes cohortes de « consommateurs engagés » iront retirer au distributeur économique les nouvelles marchandises « utiles et 100% super-sympa ». La remobilisation militante des consciences des citoyens est une question de vie ou de mort pour elle. Et la contestation et l’administration citoyennistes ne font désormais plus qu’un.

Obéis, soit simple, soit sobre ! (R)engagez-vous...

Tout appel aux citoyens est alors comme une affiche perpétuelle de mobilisation générale par temps de paix afin d’essayer toujours de vivre normalement dans des conditions qui tuent. L’appel au citoyennisme n’est alors que militarisation de la société entre-deux-guerres, notre nouveau devoir social pour nous qui sommes dans le ventre de la baleine économique qui nous a tous englouti. Citoyen-consommateur, (r)engagez-vous ! afin de faire circuler l’identique mouvement que vous recevez au pignon voisin sur lequel vous vous engrenez. De toute façon Maman se charge de tout, de la soupe et de la purge écologiste, des périls de la rue, de l’école, de sa « malbouffe » et de ses nuisances qu’elle régule (fumer tue !). Et même si Bébé citoyen répugne à être torché à chaque élection, une bonne fessée de temps et temps lui rappellera qu’on ne résiste pas à l’amour maternel. L’éco-consommation, c’est comme tout, il finira de toute façon par comprendre.

Je m’auto limite, tu t’auto limite, il s’auto limite, ta liberté et ton autonomie nous limiterons ...

Par cet appel incessant à atténuer le désastre que celui qui appelle produit, le citoyen est amené par là à prolonger l’effondrement de sa dépossession toujours plus poussée. Le citoyen est le dépossédé que l’appareillage technicien, politique, bureaucratique, économique, machinique, a besoin pour étendre ses dispositifs. Il est l’envers, ou plutôt le point d’application précis de toutes les techniques instrumentales, de délégation, de contrôle, de complexification, d’imbrication, de dépossession, de son propre sauvetage aussi. Le citoyen lui, est au garde à vous, et il avale. L’implantation durable de la fabrique du citoyen est la principale victoire de la Mégamachine. Et nul, assurément, n’est mieux placé que l’écologie citoyenniste et étatiste pour profiler les futurs citoyens responsables qui déconsommeront jusqu’à ce que Maman puisse reprendre une bouffée d’oxygène.

As-tu bien déconsommé aujourd’hui ? (publicité sur un télécran)

Mais tout à l’illusion de sa liberté, Bébé-citoyen prospère, il s’égosille, tape du pied et fait gicler la purée sur les murs : que voulez-vous, le petit fait ses dents. Le citoyen fait alors des propositions à Maman en créant son propre Parti politique ; Oui Bébé il est content, droit dans ses pantoufles, il donne même un interview à France Inter et fait 5% (imaginez-vous ?) sur une liste des municipales ! Tataan ! Propositions que la domination pourrait peut-être un jour prendre à son compte, une fois truffées de réalisme, pour en faire d’honorables trompe-couillons. Inconscient de sa puérilité, Bébé-citoyen ne se rend pas compte que ses jeux-mêmes supposent ce doux nid d’amour qui le fabrique. Il ne se rend pas compte que son appel à l’Etat et au volontarisme collectif vient non pas de sa liberté mais du plus profond de sa participation à la société, de sa situation même dans la société où il n’est que rouage dans la chaîne du travail et de la consommation séparés.

42 millions de personnes l’ont déjà ! Et vous ? Se faire recenser et contrôler, donne des droits.

Une guitare à la main et un brin d’herbe à la bouche, son appel à l’Etat (pollueurs-payeurs, revenu garanti par la tété économique, fiscalité écologique, police écologique) est en réalité perpétuellement un appel au renforcement urgent de l’appareillage technicien et politique (sinon la planète va mouriiir !). Il ne se rend pas compte que réclamer à Maman une « décroissance », présuppose de rester dans une société intégralement marchande, c’est-à-dire après une courte fugue et avoir fait toute une scène, retourner sous les jupes de Maman. Trop jeune dans sa contestation, il ne se rend donc pas compte qu’il ne fait que réclamer de nouveaux joujoux. Et quand Bébé-citoyen a bien hurlé, on le mouche et il s’endort. Un grand poutou sur la joue, bien bordé, nous avons toujours aimé Maman.

Devenez responsables, Faites de la politique mes braves moutons »

lundi 26 mai 2008

=> Renault : palme d’or 2008 du dérèglement climatique

La Palme d’or 2008 du dérèglement climatique remise à Renault pour son premier 4x4, le CO2LEOS.

Ce matin (23 mai), Agir pour l’Environnement, le Réseau Action Climat, Greenpeace France et les Amis de la Terre Paris ont remis au constructeur automobile Renault la palme d’or 2008 du dérèglement climatique. Ce prix a été décerné au constructeur hexagonal pour la commercialisation imminente d’un 4x4, le KOLEOS, que les associations ont rebaptisé, le CO2LEOS. Parallèlement à cette première action, les associations ont mis en ligne un contre-site, www.koleos.tv qui servira dans les semaines à venir d’outil de mobilisation.

Ce véhicule fabriqué en Corée rejettera 209 grammes de CO2 par kilomètre parcouru, en cycle normalisé. Renault ambitionne de vendre chaque année plus de 100.000 véhicules de ce type, soit un impact climatique égal à l’émission de 300.000 tonnes de CO2 !

Alors que le Parlement européen débat actuellement d’un règlement visant à réduire à 120g/km, les rejets de CO2 des véhicules particuliers, les associations dénoncent l’irresponsabilité de Renault.

En Europe, le secteur des transports est le seul à voir ses émissions de CO2 augmenter depuis 1990 (+26 %). À elles seules, les voitures sont responsables de 12 % des rejets. En France, les transports constituent la principale source de rejets de gaz à effet de serre avec 26 % de nos émissions (dont 14 % pour les véhicules particuliers).

Pendant plus de dix ans, les constructeurs automobiles européens ont fait des promesses mensongères sur les efforts qu’ils étaient prêts à consentir pour être responsables. Non contents d’avoir délibérément fait perdre du temps à la lutte contre les changements climatiques, les constructeurs automobiles européens développent depuis plusieurs mois une campagne massive de lobbying pour vider de toute contrainte le projet de réglementation européenne.

L’ambition climatique européenne doit se traduire par une obligation de limiter la moyenne des émissions de CO2 à 120g/km d’ici à 2012 et 80g/km d’ici à 2020. Les commissions « Environnement » et « Industrie » du parlement européen qui se réunissent la semaine prochaine doivent mettre en place un système de pénalités immédiatement dissuasif égal à 150 euros pour chaque gramme de CO2 supérieur au seuil retenu pour chaque véhicule vendu.

Une réglementation ambitieuse aurait le triple mérite de créer une dynamique industrielle vertueuse tout en réduisant nos émissions de CO2, la facture de carburant des ménages et les risques sur la route.

dimanche 25 mai 2008

=> Citation Gandhi

« Il y a assez de ressources sur cette planète pour répondre aux besoins de tous, mais pas assez pour satisfaire le désir de possession de chacun. »
Gandhi

samedi 24 mai 2008

=> Documentaire : the story of stuff (l'histoire des objets) n°3

The Story of stuff est un documentaire présentant de manière claire et pédagogique le cycle des produits et services que nous consommons ...


The Story of Stuff explique pourquoi, à chaque étape du cycle de consommation tel qu'il est aujourd'hui, la planète est en danger et pourquoi il est urgent de changer nos habitudes...



Chapitre 5 = consommation


Chapitre 4 = élimination et conclusion

jeudi 15 mai 2008

=> Documentaire : the story of stuff (l'histoire des objets) n°1

The Story of stuff est un documentaire présentant de manière claire et pédagogique le cycle des produits et services que nous consommons ...

Annie Leonard est une américaine qui vit en Californie. Elle est une spécialistes des questions de commerce international, de développement durable et de santé publique. Après avoir occupé plusieurs postes dans ces domaines, dont un poste de responsable à Greenpeace, elle est aujourd'hui coordinatrice d'une fondation pour une production et une consommation durable.

The Story of Stuff explique pourquoi, à chaque étape du cycle de consommation tel qu'il est aujourd'hui, la planète est en danger et pourquoi il est urgent de changer nos habitudes...



Chapitre 1 = introduction


Chapitre 2 = extraction

mardi 13 mai 2008

=> Manger «mieux» emet moins de CO² que manger local

Manger «mieux» emet moins que manger local,
le Journal de l’Environnement, 24/04/08
Victor Roux-Goeken

Une equipe de chercheurs de l’universite americaine de Carnegie Mellon a realise un bilan carbone (1) de la production alimentaire aux Etats-Unis. L’etude est parue recemment dans Environmental science and technology. Comme dans l’Union europeenne, un aliment est transporte sur de longues distances aux Etats-Unis – plus de 1.600 km pour la distribution, plus de 6.700 km parcourus durant le «cycle de vie» d’un aliment. Pour autant, sur les 8,1 tonnes equivalent CO2 annuelles liees a l’alimentation d’un foyer americain, seules 11% proviennent du transport. 83% sont emises lors de la phase de production en tant que telle. Sans surprise, l’etude constate que la production de viande rouge emet 150% de gaz a effet de serre de plus que celle de poulet ou de poisson. L’etude conclut qu’acheter local peut être moins efficace, en terme d’emissions de CO2, que manger plus sainement.
(1) "Food-Miles and the Relative Climate Impacts of Food Choices in the United States", Christopher L. Weber and H. Scott Matthews, Web Release
Date: 16-Apr-2008

<http://www.journaldelenvironnement.net/fr/document/detail.asp?id=18213&idThema=4&idSousThema=23&type=JDE

lundi 12 mai 2008

=> Le docteur nature en danger

LE CAP, Afrique du Sud, 7 mai (Tierramérica) - ''Lorsque nous nuisons à la nature, nous nuisons à nous-mêmes'', déclare Aaron Bernstein, un médecin à 'Harvard Medical School' et l'un des auteurs du livre qui vient de paraître ''Maintenir la vie : comment la santé de l'homme dépend de la biodiversité''.

''Peu de personnes comprennent que notre santé est directement liée à la santé du monde naturel'', a indiqué Bernstein à Tierramérica.

Bernstein et un collègue de Harvard, Eric Chivian, ont écrit et publié des articles de plus de 100 principaux scientifiques dans leur nouveau livre, lancé le 28 avril par 'Oxford University Press' et disponible en mai.

Ecrit pour un grand public, ''Maintenir la vie'' se fonde sur les preuves scientifiques les plus récentes pour présenter des arguments convaincants selon lesquels l'actuelle crise d'extinction, avec des espèces qui disparaissent chaque jour, constitue une grave menace pour l'humanité, équivalente, sinon plus grande, que le changement climatique.

Des produits pharmaceutiques, la recherche biomédicale, l'émergence et la propagation de maladies infectieuses, et la production alimentaire, à la fois sur terre et dans les océans, dépendent de la biodiversité -- la riche variété de vies sur notre planète.

Le livre présente sept groupes d'espèces en voie de disparition, y compris des requins, des ours, des primates et des amphibies qui sont ou ont le potentiel de posséder ''une grande valeur pour la médecine et la science''.

Au nombre de ces espèces, figurent des escargots coniques, une espèce tropicale dont le venin contient des dizaines de milliers de produits chimiques appelés peptides, de petites chaînes d'acides aminés. Ces peptides seuls sont des sondes moléculaires extrêmement puissantes et utilisées dans la recherche médicale.

''Nous avons beaucoup appris sur la manière dont notre cerveau fonctionne en utilisant des peptides d'escargots coniques'', a dit Bernstein.

La première découverte capitale nouvelle dans la médication des douleurs pendant des années vient également des escargots coniques.

Trente-trois pour cent des malades du cancer et du VIH (virus de l'immunodéficience humaine) en phase terminale, pour lesquels les plus puissants opiats étaient inefficaces, ne ressentent plus maintenant de douleurs grâce un peptide qui bloque les douleurs, lequel provient du venin des escargots coniques.

Plusieurs autres peptides d'escargots coniques interviennent dans des examens cliniques pour traiter des douleurs diabétiques, parmi d’autres aliments, et donnent de grandes espérances, déclare Bernstein.

Les escargots coniques vivent seulement dans des récifs coralliens et au moins entre un tiers et la moitié de tous les récifs risquent de mourir à cause d'une combinaison de maladie, de pollution et de changement climatique.

Des crabes fer à cheval ont déjà fourni la base pour détecter la contamination dans des médicaments injectables. Ils sont également importants dans la compréhension de la vision humaine, dit-il. Mais avec seulement un habitat restreint et la nécessité de pondre leurs œufs sur des plages, ils sont exposés à la pollution et aux perturbations humaines.

Les amphibies constituent la source de nouveaux traitements de l'hypertension et probablement de nouveaux antalgiques, et peuvent empêcher des bactéries d'acquérir la résistance aux antibiotiques -- une sérieuse inquiétude à travers le monde.

Toutefois, des amphibies sont les plus menacés de tous les groupes d'organismes sur la planète, avec presque un tiers de quelque 6.000 espèces connues en voie de disparition, et plus de 120 qui auraient déjà disparu au cours de ces quelques dernières années.

Les médicaments ne constituent qu'une petite partie du rôle que la biodiversité joue dans le bien-être de l'homme. Sans des insectes bénéfiques, ''la plupart des écosystèmes terrestres du monde s'effondreraient et une bonne partie de l'humanité périrait avec eux'', écrit dans la préface du livre Edward O. Wilson, le célèbre expert mondial de Harvard en biodiversité.

Wilson indique également qu'on peut trouver quatre millions d'espèces bactériennes dans une tonne de sol fertile et que la plupart des cellules de nos corps ''ne sont pas humaines mais bactériennes : 700 espèces vivent dans nos bouches seules''.

Des scientifiques estiment qu'il existe entre trois et 30 millions d'espèces de plantes, d'animaux, de champignons, de bactéries et ainsi de suite, mais seules 1,4 million ont été identifiées jusqu'ici.

Jusqu'à 30 pour cent de toutes les espèces vivant sur la terre pourraient disparaître d'ici à 2050 à cause des activités humaines non viables -- principalement la déforestation, la perte de l'habitat et le changement climatique -- selon l'Evaluation des écosystèmes pour le millénaire de 2006, un effort de recherche international de quatre ans sans précédent.

''Cela pourrait autant être l'extinction de la moitié de toutes les espèces d'ici à 2050'', affirme Stuart Pimm, un écologiste de la conservation à l'Université de Duke, en Caroline du nord, et un collaborateur à la rédaction du livre.

Tandis que les humains pourraient s'adapter au changement climatique, le monde naturel ne peut pas s'adapter au changement rapide. Et il est peu probable que nous puissions remplacer les services que la nature nous rend.

''La majorité des gens ne sont pas conscients de ce danger'', a déclaré Pimm à Tierramérica. Toutefois, les solutions du changement climatique devraient préserver et augmenter la biodiversité, et non lui faire du mal.

A l'instar de plusieurs régions du monde, notamment l'Amérique latine, on a débarrassé de grandes régions de la côte-est d'Afrique du Sud de leur végétation indigène pour planter des arbres d'eucalyptus qui ne sont pas indigènes. Bien que ces arbres absorberont du carbone de l'atmosphère, aidant à combattre le changement climatique, la perte de l'écosystème indigène est d'une conséquence bien plus grande.

''Nous devons planter des dizaines de millions d'arbres, mais ils devraient être des espèces indigènes pour qu'ils augmentent la biodiversité'', a-t-il souligné.

Défricher la forêt pour le biocarburant est une autre mauvaise solution au changement climatique. Des pays doivent être payés pour arrêter la déforestation, a indiqué Pimm.

''Conscients de la crise, des gens veulent prendre des mesures, mais ne savent pas quoi faire'', a-t-il ajouté.

Le livre contient un chapitre sur des mesures possibles, notamment une liste des ''10 premières''. Les trois premières : utiliser le transport public ou la moto ou marcher pour aller au travail une fois par semaine; acheter des aliments organiques locaux ou cultiver les vôtres; manger des fruits de mer durables, ce qui signifie pas de crevette, ou de saumon d'élevage.

La plupart de ces recommandations sont destinées à réduire les émissions de carbone, mais utiliser simplement des espèces indigènes dans des jardins et réduire l'utilisation de l'eau constituent d'importantes mesures de préservation de la biodiversité, affirme Bernstein.

''Nous avons également besoin de politiques gouvernementales qui encouragent la protection des systèmes naturels à l'aide de mesures incitatives; beaucoup font le contraire actuellement'', a-t-il dit.

Enfin, nous avons besoin d'une nouvelle culture qui valorise, aime et protège la biodiversité, a déclaré l'auteur. Une telle culture existe lorsqu'il s'agit de notre santé –- maintenant, nous devons comprendre qu'elle est directement liée à la santé du monde naturel.

(* Publié au départ par des journaux d'Amérique latine qui font partie du réseau Tierramérica. Tierramérica est une agence de presse spécialisée créée par IPS avec le soutien du Programme des Nations Unies pour le développement et le Programme des Nations Unies pour l'environnement). (FIN/2008)

http://ipsinternational.org/fr/_note.asp?idnews=4062

=> donnons.org

recupe

Ne les jetez plus, donnez !

Donnons.org est un site de dons d'objets en ligne. Même abimés, il peuvent encore faire le bonheur d'un grand nombre de personnes, bricoleurs, collectionneurs ou simplement personnes qui en ont besoin.

Un déménagement en vue? N'encombrez pas les déchetteries, vos poubelles... Pensez recyclage et dons et éconologie. Donner un objet est le meilleur moyen de s'en débarrasser.

recupe

vendredi 9 mai 2008

=> décroissance

De la décroissance à la sortie de l'économie.

Excellent petit texte aussi synthétique que didactique écrit par Deun sur decroissance.info

1) la décroissance

Un certain nombre de personnes se retrouvent autour de ce mot, pour critiquer en acte la croissance. La critique porte sur les limites matérielles de notre façon de vivre, elle s'appuie sur l'écologie comme source de légitimité et d'explication du monde. Quant aux actes, ils relèvent à la fois d'une autolimitation de ce que l'on achète (consommation) et du « faire soi-même ».

Il y a d'ailleurs un glissement de sens entre consommation (ce que l'on achète) et la consommation en général, c'est-à-dire la culture matérielle des personnes qui inclue la sphère non-économique, vernaculaire, domestique. Ce glissement de sens a son pendant avec le travail, où l'on confond le travail comme activité réalisée en échange d'argent, et les activités en général.

Reste qu'avec la recherche d'une autre culture matérielle, on sent bien que les personnes souhaitent à la fois être plus responsables et plus libres. Malheureusement à mon sens, ces valeurs de responsabilité et de liberté sont souvent remplacées par l'énonciation d'une nécessité qu'il y aurait à « décroitre », qui bien-sûr se formule aujourd’hui aisément à partir des arguments écologiques. Pour avancer la décroissance comme choix politique plutôt que comme nécessité technique, il y a sans doute une recherche à faire, mais elle est plus compliquée que l'utilisation de chiffres (sur la déplétion du pétrole ou les émissions de CO2). Aussi c'est la critique de la technoscience, des techniques industrielles, qui a permis quoique marginalement de développer une version non écologiste de la décroissance. Cela peut conduire à refuser les éoliennes industrielles par exemple, même si leur bilan carbone est bon, parce qu'il s'agit d'un appareillage qui maintiendra les personnes dans la dépendance.

Il s'agit là simplement de faire ressentir que l'argumentation écologique est à double tranchant : d'un côté, elle permet éventuellement de rendre acceptable d'autres cultures matérielles, d'autres formes de vie plus libres, mais de l'autre il s'agit d'une argumentation sur des phénomènes que l'on ne peut généralement pas appréhender en première personne. Il me semble ainsi que, si les pollutions et les dégradations sont possibles, c'est parce que le plus souvent elles ne sont pas le fruit d'une décision personnelle, mais plutôt de chaînes de délégation. La production d'énoncés scientifiques fait partie de ces chaînes, dans l’immense majorité des disciplines pratiquant le réductionnisme de laboratoire, et exportant ce réductionnisme dans le monde de tous les jours. Dès lors, l'écologie est nécessairement ambigüe sur le plan de la liberté, alors que la décroissance (comme lieu de discussion) laisse la possibilité de s'émanciper de l'argumentation écologique pour défendre ou expérimenter d'autres formes sociales, d'autres techniques, conformes à des valeurs de liberté.

2) la sortie de l'économie

Si on suit la présentation précédente, on est alors amené à présenter la décroissance, non pas (seulement) comme une nécessité écologique, mais aussi comme une volonté de se libérer de l'économie, quand bien même des échanges économiques pourraient être réputées écologiques.

Par exemple, la rémunération de tâches domestiques ne posera pas de problème aux écologistes, sauf si cela occasionne des déplacements supplémentaires. On pourrait alors avoir une croissance économique « propre », dans l'invention de nouveaux services marchands. Au contraire, on peut estimer que la défense de l'environnement n'est pas dissociable d'une reprise en main par les personnes de leur vie quotidienne, de leur subsistance, et de la recherche de formes sociales compatibles avec cela. Si on poursuit ce but, alors l'achat de matières, produits ou services est fondamentalement handicapant, puisque l'argent qu'il faudra obtenir devra être gagné en échange d'activités le plus souvent étrangères à cette vie quotidienne. C'est pourquoi on peut parler de sortir de l'économie comme un prolongement de l'idée de décroissance.

Le problème que pose la croissance n'est donc pas seulement de l'ordre de la justice (répartition des ressources) et de la durabilité (reproduction des ressources). L'économie devenue excessivement banale elle-même fait écran à une réappropriation de nos vies. Suite aux émeutes actuelles de la faim, on n'est plus capable de s'étonner que pour manger il faut payer, au lieu de participer à la production des aliments que l'on mange. On n'imagine plus partager les ressources autrement qu'en distribuant l'argent permettant d'en prendre possession. On ne s'étonne plus de ce que signifie s'activer en échange d'argent (travail), ou faire s'activer une série d'inconnus par de l'argent (consommation). La liberté de prendre possession par l'argent se paie quelque part ailleurs par l'obligation de s'asservir à l'argent. A ce titre l'argent ne fait que généraliser le problème que pose l'échange : l'échange comme interaction entre deux individus est toujours possible, mais l'équivalence entre les termes de ce qu'ils échangent est toujours fausse. Si l'échange est possible sur la base de ce non-sens, c'est que les interactions d'échange s'adossent à des institutions (ou à des rituels) qui permettent de prolonger l'interaction au delà de l'échange ponctuel : les échangistes sont quittes l'un avec l'autre, mais chacun d'eux ne l'est pas avec le reste des autres échangistes. L'économie est donc plus que la somme des échanges économiques ; c'est une institution. Et probablement l’institution qui rend possible la plupart des autres…


Mis en ligne par ElVirolo, le Mercredi 7 Mai 2008, 22:29 dans la rubrique "Pour comprendre".

samedi 12 avril 2008

=> Pouvoir d'achat

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